Près de Saint-Hilaire. Projet d'une unité de méthanisation : de l'eau dans le gaz dans la commune
À Saint-Martin-de-Landelles, les riverains réclament des garanties face au projet de méthanisation de deux agriculteurs.
Le dialogue a remplacé l'affrontement. Jeudi 29 octobre, une trentaine de personnes se sont retrouvées dans la petite salle intergénérationnelle de Saint-Martin-de-Landelles, autour du projet d'unité de méthanisation porté par les agriculteurs Stéphane Pontais et David Deslandes. Une réunion organisée sous l'arbitrage du maire de Saint-Hilaire-du-Harcouët, Laurent Piron, après une première rencontre électrique, trois jours plus tôt.
Cette fois, les échanges se sont déroulés dans un climat plus constructif. Les riverains sont venus chercher des réponses à leurs inquiétudes environnementales. Ils veulent aussi mesurer la détermination des deux exploitants, qui travaillent sur ce projet "depuis un an et demi" et ont déjà engagé des frais. Leur volonté d'aller au bout reste intacte, malgré la menace d'une pétition. Car l'installation doit prendre place à proximité du bourg et de maisons situées à environ 200 mètres.
Des inquiétudes multiples
Pollution et assèchement des sols, risques liés au gaz, circulation, bruit, odeurs, ressource en eau : les questions ne manquent pas. Les riverains redoutent également les retombées du gaz brûlé, une éventuelle extension de l'installation ou de la stabulation, ainsi qu'une dépréciation de leurs biens immobiliers. Jean-Michel Leroux, l'un des meneurs de la contestation et voisin direct de l'exploitation, exprime son exaspération. "On subit déjà des désagréments, on ne dit rien car on est dans une commune rurale. On les accepte. Mais là, c'est la goutte de trop", déplore-t-il. Et interpelle les porteurs du projet : "Rachetez nos maisons et devenez les seigneurs du village !" Au-delà des risques qu'ils redoutent, les opposants dénoncent surtout un manque de concertation. "On a l'impression que tout a été camouflé aux riverains", résument-ils. Une pétition pourrait être lancée pour défendre leurs intérêts.
Face à ces inquiétudes, Stéphane Pontais et David Deslandes assurent comprendre les préoccupations du voisinage. Ils disent avoir "voulu privilégier le dialogue" et présenter un dossier suffisamment avancé pour apporter des réponses concrètes. "On voulait faire une réunion instructive, pédagogique avec la commune, GRDF, la Chambre d'agriculture", explique Stéphane Pontais. L'objectif, ajoute-t-il, était de "trouver des solutions pour que le voisinage ne soit pas gêné".
Les agriculteurs défendent leur projet
Les deux exploitants défendent une unité de méthanisation de petite dimension, conçue pour traiter 30 tonnes par jour dans le cadre de la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Ils assurent qu'elle fonctionnera avec les effluents de leurs propres exploitations, sans collecte extérieure. "On ne va pas chercher d'effluents à l'extérieur et là, on ne peut pas l'agrandir", affirme David Deslandes. Il insiste sur les contraintes réglementaires, notamment les distances à respecter avec les habitations, qui empêcheraient toute évolution du projet. Les agriculteurs mettent également en avant la pérennité économique de leurs exploitations, qui réunissent environ 230 bêtes réparties sur deux sites et emploient trois jeunes. Ils souhaitent ainsi inscrire leur activité dans la durée, dans la continuité d'une quatrième génération. L'intégration paysagère figure aussi parmi leurs engagements. Les fosses seraient enterrées au maximum, tandis que des talus accompagneraient l'installation.
La transparence comme compromis
La première réunion avait laissé des traces. Organisée en urgence le 26 octobre par des riverains, elle avait rapidement dégénéré en confrontation avec les élus municipaux, en l'absence des deux agriculteurs. La divulgation de documents confidentiels liés au dossier avait également suscité l'embarras de la mairie. Laurent Piron a ensuite facilité la rencontre entre les différentes parties pour rétablir le dialogue. Le maire propose désormais une charte entre les porteurs du projet et les riverains. Elle permettrait d'examiner, à la demande, les données environnementales produites par les services compétents. "C'est une notion de transparence", résume-t-il.
Cette médiation intervient alors que le calendrier administratif avance. Le permis de construire, déposé début juillet, a reçu un avis favorable de la mairie sur le seul plan de l'urbanisme. Une période de recours de deux mois s'ouvre désormais. Les travaux pourraient commencer en juin 2027, pour une mise en service qui n'interviendrait pas avant l'été 2028.

