Cent mètres cubes de digestat se déversent dans un ruisseau, « tous les poissons sont morts », constate la fédération de pêche de l'Yonne
Une importante fuite sur une unité de méthanisation à Provency, dans l'Avallonnais, a provoqué la mort d'un grand nombre de poissons dans un ruisseau. Des enquêtes sont en cours.
C'est une pollution qui inquiète et qui a déjà fait des ravages sur le plan environnemental. Dimanche 15 mars 2026, un incident s'est produit sur une unité de méthanisation, située route d'Athie à Provency.
Environ 100 mètres cubes de digestat, matière destinée à être épandue sur les terres agricoles comme un engrais organique naturel, se sont déversés dans le ru du Vau de Bouche voisin. "Ça crée une énorme pollution. Des agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) sont venus faire des constatations, les services vétérinaires de la préfecture doivent venir cet après-midi", s'alarmait lundi 16 mars Jean-Claude Landrier, le maire de Provency. "En dessous de chez nous, il y a des captages d'eau. Normalement, il y a des bassins de rétention pour éviter que ça se propage. Pourquoi n'ont-ils pas fonctionné ?" s'étonne l'élu.
« Sanctuaire à truites »
En quelques jours, les conséquences pour l'écosystème ont été dramatiques. "On a été contacté par des riverains qui s'inquiétaient de la couleur de l'eau du ru du Vau de Bouche à Voutenay-sur-Cure. On a envoyé sur place un technicien, qui y retourne ce jeudi après-midi. Il a constaté une grosse mortalité, ça a détruit 100% des poissons", déplore Thierry Armand, le président de l'Yonne pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Selon nos informations, un lien aurait été établi entre les deux incidents.
D'après lui, le ru du Vau de Bouche, qui rejoint Voutenay-sur-Cure depuis Provency en passant par Lucy-le-Bois, est un véritable "sanctuaire à truites". "On fait le comptage des poissons dans ces ruisseaux, on sait combien il y en a environ. Ce n'est pas souvent qu'on fait appel à la presse, mais là, on perd un vrai patrimoine" insiste Thierry Armand.
Contactés, les services de la préfecture et l'Office français de la biodiversité n'ont pas encore répondu à nos questions.


