Accéder au contenu principal

Gaz : un décret restreint encore la possibilité d’installer des chaudières


| Ouest France | News
| Ouest France | News

Ce ne sera plus possible dans les logements collectifs neufs à partir du 1er janvier 2027. Pour les professionnels, cette mesure est contradictoire avec la volonté affichée par le gouvernement de développer le gaz vert.

Le gouvernement poursuit le déploiement de son plan d’électrification. Une nouvelle mesure vient d’être prise par décret. 

Qu’a décidé le gouvernement ?

L’État interdit aux professionnels d’installer des chaudières à gaz dans les logements collectifs, qui seront construits à partir du 1er janvier 2027. C’est ce qui ressort d’un décret du 12 septembre, dont la teneur est confirmée par le ministère du Logement à Ouest-France. La mesure avait été annoncée par Sébastien Lecornu, dans son « plan d’électrification ».

Il souhaite remplacer les chaudières au gaz par des pompes à chaleur électriques. « Quand les prix montent, une famille chauffée au gaz ne peut que subir, s’inquiétait le Premier ministre. Électrifier la France sera un atout. » Notons que le gaz était déjà interdit dans les maisons neuves. Il reste autorisé en rénovation, lors du remplacement d’une chaudière ancienne par un équipement neuf.

Qu’en disent les professionnels ?

« On est dans l’incompréhension, déclare Jean-Charles Colas-Roy, le président de Coénove, une fédération d’entreprises de l’énergie. Le gouvernement s’en prend aux chaudières, alors que le gaz est en train de se verdir. C’est contradictoire avec la volonté affichée de développer le biométhane, qui apporte aussi un complément de revenu aux agriculteurs. » Jean-Charles Colas-Roy déplore également que le décret interdise les chaufferies collectives hybrides, mariant gaz et pompe à chaleur : « C’était pourtant une bonne solution pour soutenir notre savoir-faire industriel. Et par ailleurs éviter de trop solliciter les réseaux. »

Quel est le problème concernant les réseaux ?

« L’installation d’une pompe à chaleur collective, pour un immeuble de cinquante logements, nécessite de renforcer considérablement l’alimentation électrique, observe Pascal Housset, le président de la commission énergie à la Fédération du bâtiment. Et les réseaux d’Enedis (la filiale de distribution d’électricité d’EDF) ne sont pas toujours dimensionnés pour faire face à ces sollicitations massives. Sachant que ces aménagements sont à la charge des collectivités locales, qui ont des budgets contraints. »

De son côté, Enedis avait souligné, en avril, qu’elle investissait massivement dans les réseaux : « 96 milliards d’euros d’ici 2040. »