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Occitanie : pourquoi ce projet de méthaniseur suscite la colère


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Le Collectif Libre d’Alerte du Méthaniseur (CLAME), opposé au projet d'unité de méthanisation à la jonction de Lacapelle-Livron, Caylus et Parisot (Tarn-et-Garonne), s'est rassemblé ce mardi 30 juin 2026 devant la préfecture de Montauban. Le préfet doit statuer sur le projet dès le mois de juillet.

La polémique se poursuit dans le lieu-dit Saint-Peyronis de la commune de Lacapelle-Livron (Tarn-et-Garonne) autour du projet d’implantation de méthaniseur à la jonction entre cette commune rurale de 220 habitants et les communes de Parisot et Caylus. Porté par 9 agriculteurs, dont le président de la Chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne, Jean-Philippe Viguié, et le président de l’association des éleveurs du département (ELVEA 82), Gilles Vidal, le projet rencontre une vive opposition auprès du Collectif Libre d’Alerte du Méthaniseur (CLAME).

L'association, fondée par des habitants inquiets pour leur qualité de vie et leurs exploitations agricoles, organise ce mardi 30 juin 2026 à 18 heures un rassemblement devant la préfecture de Montauban afin d'attirer l'attention sur sa cause. Cette mobilisation intervient alors que la demande de permis de construire du méthaniseur, déposée en février 2025, doit être validée par le préfet en ce mois de juillet après consultation du conseil municipal. Il ne s'agit pas du premier coup d'éclat du collectif, qui avait présenté lors des dernières élections municipales une liste d'opposition face au maire sortant, Didier Marty, finalement réélu avec trois voix d'avance.

25 tonnes d'effluents d'élevage

Contacté par L'Opinion Indépendante le 3 juin dernier, le président de la Chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne, Jean-Philippe Viguié, présente le projet d'unité de méthanisation comme une "solution pour répondre à la gestion des fumiers et assurer un revenu fixe aux agriculteurs précarisés par la baisse de la vente de foin". Or, les opposants au méthaniseur ne l'entendent pas de cette oreille. Interrogées par nos confrères de Reporterre, l'agronome Régine Ferron et la conseillère municipale d'opposition Evelyne Solanilla dénoncent un projet nécessitant "des surfaces de culture énormes" et impliquant "une industrialisation de nos territoires".

Quant au possible impact sur l'immobilier et le tourisme, Jean-Philippe Viguié balaie la question avec véhémence : "Les seules études qui existent montrent que les unités de méthanisation n'ont aucun impact sur l'immobilier". D'après Reporterre, il existe pourtant une étude d'impact indépendante pointant de nombreux risques en la matière. Réalisée en 2026 par deux habitants, Philippe Saunier, ancien délégué syndical CGT et expert en risques industriels, et Éric Vandaele, ancien cadre dans l’aéronautique, l'étude expose en l'occurrence les risques de fuites de méthane, de pollution des sols et des cours d’eau, d'impact sur la biodiversité, de nuisance sur l'immobilier et le tourisme.

Manque de transparence autour du projet ?

Outre les craintes formulées par les opposants au projet sur la qualité de vie et l'industrialisation des territoires, la question de la transparence se trouve au centre de la polémique. Le collectif opposé au méthaniseur accuse en l'occurrence le maire de Lacapelle-Livron, Didier Marty, et les acteurs du projet de ne pas avoir assez communiqué sur le dossier.

Plus précisément, le CLAME leur reproche de ne pas avoir révélé la demande d'inscription du méthaniseur au Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUI) en 2016. Le collectif avance également le fait que les futures zones d'implantation du méthaniseur auraient été définies dès 2017 dans le PLUI et que le conseil municipal aurait pris la décision d'appuyer le projet en 2023 sans que la population en soit informée.

Contactés les 3 et 30 juin dernier par L'Opinion Indépendante au sujet de la potentielle inscription des futures zones d'implantation du méthaniseur dans le PLUI dès 2017, ni la mairie de Lacapelle-Livron, ni le service urbanisme de la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l'Aveyron (CC-QRGA) n'ont pour l'heure donné suite.

« Au vu et au su de tout le monde depuis dix ans »

De son côté, le président de la Chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne Jean-Philippe Viguié, affirme que le projet était connu de tous depuis que lui-même avait réservé en 2016 une option sur le PLUI pour le projet. Tout en confirmant n'avoir pas consulté les agriculteurs et habitants à ce sujet avant 2024.