Sécheresse : éleveurs et méthaniseurs en concurrence pour acheter des pulpes de betteraves
À cause de la sécheresse, fin août 2026, les éleveurs se tournent vers d'autres sources de nourriture pour leurs animaux comme l'ensilage de maïs. Problème : ils sont en concurrence avec les méthaniseurs, qui consomment énormément de maïs en supplément des fumiers, affirme un éleveur mayennais.
En période de sécheresse, quand l'herbe et le maïs manquent, les éleveurs mayennais se tournent vers d'autres sources de nourriture pour leurs animaux, notamment des pulpes de betteraves. Pour les méthaniseurs, c'est la même chose. La bataille s'engage entre les agriculteurs qui achètent de petites quantités, et les méthaniseurs qui sont de gros consommateurs.
Un manque de nourriture pour les vaches
Patrick Curtat, éleveur laitier à Villepail, représentant de la Coordination rurale 53, dénonce l'accaparement de la nourriture des bovins au profit des méthaniseurs. Il explique que des parcelles entières sont dédiées aux méthaniseurs. "Nous avons donc la production d'énergie qui est entrée en concurrence avec la production alimentaire tout court", martèle l'éleveur. Il affirme que des stocks de pulpe de betterave lui sont passés sous le nez : 5000 tonnes ont été achetées par un méthaniseur du Maine-et-Loire.
Les méthaniseurs partagés
Patrick Forêt est lui aussi éleveur à Ambrières-les-Vallées et président d'AgriMaine. C'est un gros méthaniseur qui produit l'électricité de l'équivalent d'une ville de 20.000 habitants. L'éleveur explique que dans son méthaniseur, la priorité est donnée aux animaux pour la répartition du fourrage.
"Nous incorporons en moyenne chaque année 12 % de notre approvisionnement. Mais aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, on en met zéro" affirme Patrick Forêt. Mais confirme que c'est une pratique courante partout en France. Il y a 22 méthaniseurs en Mayenne d'après le site internet de la préfecture, plus une dizaine en projet.

