Trajectoire CPB : un report qui inquiète la filière biométhane
Le report de la trajectoire des certificats de production de biogaz (CPB) au-delà de 2028 suscite l’inquiétude de la filière, qui pointe le blocage de nombreux projets, faute de cadre clair.
La filière des gaz renouvelables exprime son incompréhension face au report de la trajectoire des certificats de production de biogaz. Attendue depuis plus d’un an, cette feuille de route doit désormais être publiée à la rentrée 2026. Les professionnels estiment qu’elle reste indispensable pour sécuriser les investissements et appellent à ce que le décret CPB précisant une trajectoire lisible et crédible jusqu’en 2035 soit publié avant l’été 2026.
« Si une première étape a été franchie avec la définition des obligations pour 2026-2028, l’absence de perspective à moyen terme compromet le développement de nombreux projets » avertissent dans un communiqué commun France gaz renouvelables, France Gaz, l’Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France et le Syndicat des énergies renouvelables.
Selon les acteurs du secteur, plus d’un milliard d’euros d’investissements sont aujourd’hui gelés. Depuis 2020, les installations de biométhane de grande taille ne bénéficient plus de tarif d’achat et doivent donc s’appuyer sur d’autres mécanismes, dont celui des CPB. Alors que 77 projets se retrouvent sans solution de financement pérenne, une centaine d’unités de cogénération qui pourraient basculer vers l’injection restent en suspens, faute de cadre clair.
Un décalage avec les objectifs énergétiques nationaux
Le cadre actuel apparaît en décalage avec les ambitions fixées par la programmation pluriannuelle de l’énergie. Les objectifs visent 44 TWh de biométhane en 2030, puis jusqu’à 82 TWh en 2035. Or, les volumes soutenus par les dispositifs existants restent limités. Le tarif d’achat plafonne à 800 GWh par an, un niveau jugé insuffisant. D’autres mécanismes, comme les certificats de production de biogaz ou les dispositifs dédiés à la mobilité, tardent à se concrétiser.
« Dans ce contexte, le cadre actuel ne permet pas de répondre aux ambitions fixées par la PPE. L’absence de visibilité sur les CPB, combinée à des dispositifs encore incomplets, compromet la trajectoire de développement du biométhane en France, alors même que celle-ci vient tout juste d’être réaffirmée dans la PPE3 » pointent les associations.
Au-delà des objectifs climatiques, les conséquences économiques inquiètent la filière. Le report de la trajectoire CPB pourrait ralentir la transition énergétique et en augmenter le coût. Les acteurs soulignent l’impact direct sur les territoires ruraux, où les projets de méthanisation soutiennent l’activité agricole.


