Un méthaniseur de Loire-Atlantique mis en demeure par la Préfecture
Dans un arrêté datant du 13 avril 2026, la Préfecture de Loire-Atlantique a mis en demeure la SAS Métha Treil de se mettre en conformité avec la loi et surtout avec le Code l’environnement.
Ces unités de méthanisation de Machecoul Saint-Même ont démarré leur production de gaz début 2020 sous l’impulsion de cinq associés, des agriculteurs (Erwan Bocquier, Aymeric Egonneau et Dominique Pilet) et des maraichers locaux (Jean-François et Charles Vinet).
Début mars, elles ont fait l’objet d’un rapport de l’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), qui a mis en avant plusieurs dysfonctionnements.
Des rejets d’effluents dans le milieu naturel
L’inspecteur commissionné par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a constaté « le rejet d’effluents chargés provenant de l’installation de méthanisation dans le milieu naturel entraînant la pollution d’un cours d’eau sur 1 580 m, du lieu-dit Le Treil jusqu’au lieu-dit Le Pin, du fossé alimentant ce cours d’eau, d’un bassin de régulation des eaux pluviales et d’une mare suite aux débordements d’une fosse enterrée de stockage d’effluents ».
Cet accident se serait produit courant février, au moment des fortes précipitations. Ces méthaniseurs se situent dans le village du Treil, au-dessus le Grand étang, en bordure nord de l’aire d’alimentation de captage de la nappe phréatique.
Des traitements 2,5 fois supérieurs au seuil autorisé
Parmi les six points relevés, il est évoqué « la construction d’une fosse géomembrane de stockage de digestat sans avoir porté à la connaissance du préfet le projet avant sa réalisation » mais aussi « le dépassement des capacités de traitement de l’installation de méthanisation autorisées à 34,6 tonnes par jour par l’arrêté préfectoral […], avec une capacité moyenne de traitement de 89,11 tonnes par jour sur l’année 2025 ».
Un minimum d’effluents non respecté
L’inspecteur reproche également « l’absence de plan d’épandage du digestat rendu obligatoire dû au non-respect de l’arrêté du 22 octobre 2020 susvisé concernant le pourcentage minimum de 33 % d’effluents d’élevage à incorporer annuellement dans le méthaniseur par rapport à la masse brute des matières premières traitées ».
Et sur le plan de la sécurité, il observe « l’absence en partie de clôture de sécurité autour de la fosse enterrée de 1 600 m³ et de la lagune de 3 700 m³» ainsi que « l’absence de clôture permettant d’interdire toute entrée non autorisée au nord de l’installation ». Des aménagements que Métha Treil devra réaliser respectivement avant deux et quatre mois.
« Cela va rentrer dans l’ordre »
Après le courrier reçu par la DDPP le 23 mars, les exploitants n’avaient formulé aucune remarque. Sollicité par Le Courrier du pays de Retz, le président de SAS Métha Treil, Erwan Bocquier, estime que ce n’est pas le bon moment pour apporter des explications : « Quand la mise en demeure sera levée, je communiquerai. Je ne veux pas rentrer dans la polémique. Cela va rentrer dans l’ordre, c’est une question de temps et de démarches administratives. »
Ce que la Préfecture exige
Les services préfectoraux ont en tout cas indiqué dans l’arrêté divers exigences.
Sans délai, cesser tout déversement d’effluents dans le milieu naturel et revenir à une capacité de traitement de son installation de méthanisation correspondant à la capacité maximale autorisée.
Préfecture de Loire-Atlantique
Dans un délai de six mois, la SAS Métha Treil doit transmettre au préfet un dossier de régularisation de la fosse géomembrane de 8 000 m³ ; un dossier sur la gestion des eaux pluviales, et notamment sur le réseau de collecte et de traitement des eaux résiduaires ou souillées ; un plan d’épandage du digestat en cas de non-respect récurrent du seuil minimum d’apport d’effluents d’élevage. Et à partir du 15 août prochain, la société devra procéder au curage des fossés pollués par les effluents.
La secrétaire générale de la préfecture de la Loire-Atlantique, le maire de Machecoul Saint-Même et la directrice départementale de la protection des populations sont chargés de veiller à l’exécution du présent arrêté.
Le sujet évoqué au conseil municipal
Le sujet s’est d’ailleurs invité au dernier conseil municipal. Laurent Robin, ancien maire désormais élu de l’opposition, a rappelé : « Nous sommes ici sur la protection de nos eaux potables. Il y a un enjeu important et il faut que les élus locaux s’en saisissent. »
Avec sa première adjointe à ses côtés, Bérangère Vinet, épouse d’un des sociétaires de Métha Treil, le maire, Jean-Luc Guihal, a assuré : « Nous sommes tout à fait conscients de cette situation. Nous avons bien l’intention de continuer à agir, comme vous l’avez fait, sur la protection des zones de captage. Nous continuerons au mieux à mener toute cette politique. »


