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Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »


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Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie. Un « avantage électrique » qui doit être transformé en « avantage industriel ». Dans un rapport remis lundi 20 juillet au Premier ministre et présenté ce mercredi matin, le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger formule une trentaine de recommandations pour une électrification « massive » de l’industrie française. Il part du constat que la demande industrielle est aujourd’hui très en-deçà des capacités de production de la filière nucléaire.

« L’électrification doit être assumée comme une politique industrielle d’État », avance l’élu en préambule de son compte-rendu consulté par l’Opinion. Cela afin de « réduire une dépendance géopolitique, améliorer notre balance énergétique et exposer moins l’économie française aux chocs internationaux sur les combustibles fossiles ».

Peu de procédés industriels thermiques sont décarbonés

À l’heure actuelle, le taux d’électrification de l’industrie est de 37 %, selon des données de l’Ademe et du Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (Ceren) relayées dans le rapport. Mais il s’agit surtout des machines motrices… et très peu — seulement 14% — de procédés thermiques fonctionnent grâce à une énergie décarbonée.

Pour augmenter la part de l’électricité dans le mix énergétique de l’industrie tricolore, Raphaël Schellenberger recommande d’abord de se concentrer sur les PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI). L’électricité représente seulement 7 % de leur consommation énergétique. Cela concerne des filières comme l’agroalimentaire, la chimie ou le textile.

Des solutions « matures » et « reproductibles »

Parmi les solutions « matures » et « reproductibles » identifiées par le parlementaire : l’alternance entre chaudière à gaz et chaudière électrique, le stockage d’électricité, le recours à un acteur externe pour la gestion de son énergie via le tiers-investissement. Il mentionne aussi l’élargissement des certificats d’économie d’énergie (CEE), conçus pour accompagner les projets de rénovation thermique.

Raphaël Schellenberger plaide aussi pour l’adaptation des réseaux électriques, en publiant une carte permettant d’évaluer le niveau de complexité des raccordements. Il soutient que la « saturation » qui leur est souvent prêtée n’est qu’une idée reçue. Il évoque enfin les « filières lourdes » : la production d’acier, de ciment, plus difficile à décarboner. Et plaide notamment pour que la Commission européenne rende obligatoire le « Made in Europe » pour les marchés publics dans cette filière.

Interdiction de promouvoir le gaz

D’autres pistes sont évoquées pêle-mêle dans ce rapport. C’est le cas de l’interdiction par les fournisseurs d’énergie de faire la promotion de le gaz, d’une différenciation des tarifs de l’électricité au bénéfice de l’industrie et au détriment des géants du numérique. Le député souligne par ailleurs qu’il convient de réserver la biomasse, plus rare, aux usages « difficilement électrifiables ».

Le budget 2027 en ligne de mire

Raphaël Schellenberger propose donc que certaines mesures soient intégrées au projet de loi de finances pour l’année à venir, qui occupera le Parlement pendant plusieurs semaines cet automne. Il souhaite notamment élargir l’abattement de Turpe : ce montant payé pour l’entretien des réseaux qui représente 25 à 30 % d’une facture d’électricité.

Il suggère aussi que figure dans le prochain budget une extension de la compensation du coût indirect du carbone et la mise en place d’un fonds de garantie en soutien aux démarches d’électrification de l’industrie en cas de défaut de paiement. Autant de mesures qui restent mineures par rapport à l’ensemble des recommandations… Lesquelles ne pourront toutefois pas faire l’objet d’un texte de loi dans les mois à venir.